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À Rennes, tollé des écologistes contre les panneaux publicitaires numériques

La métropole et la ville de Rennes se dotent de panneaux numériques, ce support visant notamment à faire connaître leur politique écologique. Une décision qualifiée d’« aberration » par les Verts, qui évoquent la pollution visuelle et le rôle de ces installations sur le climat.

Des panneaux numériques pour promouvoir l’écologie

Fin février, le groupe Clear Channel a posé 23 panneaux aux arrêts de bus après la signature d’un accord avec Rennes métropole. L’affichage est assuré par un autre partenaire, « 100 % vidéo brut » le média d’information 100 % réseaux sociaux. Leur temps de diffusion, compris entre 6 heures et 1 heure du matin, est divisé équitablement entre des annonces publicitaires et des informations publiques émanant de la Ville de Rennes et de Rennes Métropole.

Au total, d’ici la fin de l’année, le nombre de mobiliers numériques urbains installés à Rennes, en particulier dans les zones piétonnes, s’élèvera à 30.

Dans un tweet, la maire socialiste Nathalie Appéré, s’est dite « ravie » de ce nouveau support destiné notamment à promouvoir les initiatives locales « en matière de solidarité et de transition écologique ».

Des « destructeurs de la planète », pour les Verts

L’annonce a fait bondir le co-président des écologistes et élu Matthieu Theurier, qui a voté contre le projet au conseil de Rennes métropole et rappelle que l’adoption du nouveau règlement sur la publicité par la ville n’est prévue que dans un an.

Il déplore d’une part les conséquences sur le climat et la biodiversité, affirmant que la consommation énergétique d’un panneau publicitaire vidéo équivaut à celle de deux foyers composés de deux à quatre personnes.panneaux numériques

Mais surtout, il insiste sur l’envahissement des rues rennaises par la publicité, aggravant la pollution visuelle, et le danger que constitue pour la santé de l’omniprésence d’écrans dans l’espace public, en plus des maisons et des bureaux.

Enfin, il soulève l’incohérence de la stratégie de la mairie, qui cherche à lutter contre toutes les formes de gaspillage, y compris alimentaire, mais diffuse un reportage vidéo sur la politique écologique « entre des pubs pour un fast-food et une marque de bière ».

Un système plus écologique que les affiches, selon la mairie

Sur l’aspect anti-écologique, la mairie se défend en parlant d’une puissance moyenne de 350 W et une consommation de 0,7 kW/h. Elle ajoute que ces panneaux numériques ont un impact environnemental moindre par rapport aux affiches en version papier, qui requièrent 2,8 tonnes de papier et 32 km d’adhésifs, et dont la pose fait parcourir 17 000 km à des véhicules utilitaires. De plus, les autres métropoles françaises se mettent également à l’heure des panneaux numériques.

Des arguments qui ne convainquent pas ses opposants, qui réclament le retrait des panneaux et préconisent leur remplacement par de la végétation, à l’exemple de Grenoble.

En attendant de trouver un compromis, la mairie pourrait opter à titre provisoire pour la location de mobilier lumineux.